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Cet article a été écrit par René Fagnoni, le 3 mai 2002, archivé en catégorie Combats Syndicaux.

Michel Forestier et la Sirlo

Michel Forestier nous a discrètement faussé compagnie à l’orée de ce printemps 2002, le 4 Mars dernier, terrassé par une crise cardiaque.

Michel Forestier : L'oiseau s'envole

Son activité militante a cependant marqué la Presse parisienne , en particulier au cours des deux décennies qu’il a passé à la la Sirlo, jouant un rôle très actif à la fois dans l’entreprise et sur le 2ème arrondissement où son dynamisme débordait dans l’animation des campagnes électorales du Parti Communiste où il a notamment soutenu les candidatures d’Hervé Ropert et de Paul Laurent.

C’est qu’il avait un coeur gros comme ça l’ami Michel depuis la période où, issu de l’Ecole d’Alembert et de l’Assistance Publique, il était entré dans la profession en qualité de Clicheur. Débuts chez Brodard et Taupin dans le 15ème arrdt. de Paris et premiers contacts avec la vie parisienne.

Puis en octobre 1959, embauche à la Sirlo où nous entrons précisémént le même jour, cette entreprise, ce creuset où sont passés tant de militants qui ont contribué à la construction de notre Syndicat du Livre. C’est là que dans la lignée de Sayer, François, Bosquet et bien d’autres il va pouvoir donner la pleine mesure de sa capacité militante débordant du cadre strict de l’entreprise pour se prolonger sur le quartier de la Bourse à la rue Montorgueil.

C’est qu’au cours des deux décennies qui suivent, la Sirlo bat des records d’activité et de production faisant vibrer jour et nuit le mastodonte de presse sur toute sa hauteur. Toutes les catégories professionnelles de notre Syndicat y sont en effet représentées, ce qui constitue un brassage considérable non seulement de personnalités mais aussi de courants de la gauche syndicale qui recouvrent l’éventail présent dans notre organisation Filpac – CGT. Le débat y est souvent vif et passionné, notamment lors des évènements de 1968 fertiles en rebondissements de toutes sortes. Toutefois, Michel Forestier est de ceux qui, présents au coeur du débat va faire en sorte que chacun continue de trouver sa place dans le mouvement malgré les divergences qui peuvent apparaitre dans le feu de l’action. De ce point de vue, la Sirlo peut apparaitre aujourd’hui comme ayant été un modèle expérimental de la démocratie syndicale dans l’entreprise au cours de ces années là. A la différence de bien d’autres, ici point d’excommunion et chacun, avec sa sensibilité et son approche personnelle a toujours pu continuer au fil des années à oeuvrer pour le bien commun.

C’est sans doute pour toutes ces raisons que l’immeuble du Figaro continue de se dresser dans la capitale au coeur du quartier des journaux, dernier rempart à témoigner de la folle activité qui anima ce quartier aux heures chaudes de la Presse. Michel Forestier par sa forte personnalité y a sans doute largement contribué. Au moment de l’éclatement de l’entreprise intervenu lors du passage de la typo à l’offset, Michel se retrouva après quelques péripéties à Paris-print à Saint Denis où, naturellement son activité militante se prolongea en particulier comme conseiller prud’hommal. Comme toujouirs, ne faisant rien à moitié, il s’investit complètement dans cette nouvelle activité syndicale avec compétence et efficacité.C’est auprès du service d’action culturelle de la ville de Saint Denis qu’il va trouver un nouvel exhutoire à son énergie débordante, dans le cadre de la section Arts-plastiques.

Dans la dernière partie de sa vie, il va enfin pouvoir donner libre cours à sa sensibilité au travers de son expression artistique par la peinture qui va lui permettre de s’exprimer dans un nouveau registre.

Ce qui demeure caractéristique chez Michel Forestier c’est précisément cette capacité de s’investir à chaque fois à fond et complètement dans ce qu’il décide d’entreprendre ; qu’il s’agisse de son activité militante ou bien encore des Arts Plastiques auxquels il a consacré la fin de sa vie.

Allez Michel, ton existence a été bien remplie. Nous gardons de toi le souvenir d’un homme véritable, carré et massif, les pieds dans la glaise de la campagne nivernaise où tu as grandi et la tête dans les étoiles qui nous ont accompagnés au long du bout de chemin parcouru ensemble.

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