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Une délégation du comité
de groupe de la Socpresse s'est rendue au Salon international
des arts graphiques à Casablanca, les 3, 4 et 5 novembre,
qui se tenait à l'espace Atlantic. Ce fut l'occasion
de visiter l'imprimerie où le Figaro est tiré
chaque nuit et diffusé sur tout le Maroc, une imprimerie
où le pré-presse n'existe pas et où d'autres
journaux sont aussi imprimés loin de leur centre de
réalisation. Rappelons que le groupe Hersant fut, à
une certaine époque, l'un des pionniers de l'impression
décentralisée, une technique largement vulgarisée
depuis. Vitrine des arts graphiques!
au Maroc, cette deuxième édition
du SIAGRA s'adressait essentiellement aux professionnels des
arts graphiques et de l'imprimerie du Maghreb. Ce secteur
a connu une importante mutation, au cours des dernières
années, et offre encore au Maroc des potentialités
réelles de développement. C'est, en particulier,
un maillon essentiel dans la stratégie de développement
industriel du pays intervenant en amont de nombreuses activités
: industries agro-alimentaires, pharmaceutique, cosmétique,
etc... mais aussi dans l'enseignement et la culture.
7.600 Marocains travaillent
dans les arts graphiques
En 1999, 7600 personnes travaillaient dans
ce secteur d'activités, dans 367 établissements.
L'imprimerie vient en tête avec 74%, puis l'édition
avec 25%. Depuis 1995, les investissements n'ont fait qu'augmenter
chaque année atteignant 187 millions de dirhams (125
millions de francs français), en 1999.
C'est dans ce contexte que le SIAGRA accueillait, sur 3.200
mètres carrés, une cinquantaine de groupes de
sociétés, exposants marocains,espagnols, français,italiens,
belges, allemands et américains qui privilégiaient,
tous, l'impression numérique. C'est tout particulièrement
le grand format qui se tailla la part du lion. En effet, ce
secteur particulier a connu de grands changements à
la suite de fusions, d'acquisitions et il est en phase de
consolidation.
S'il n'y a, pratiquement, que trois entreprises qui se partagent
le format " super-wide ", la concurrence est extrêment
féroce dans le " large/wide format " qui
vise une clientèle grand public.
L'imprimante la plus rapide du monde
Tous les grands fabricants internationaux de matériel
d'impression sont représentés au Maroc et présentaient
ainsi leurs derniers modèles d'imprimantes numériques
haute résolution, grands formats, sur surface rigide,
des systèmes à encres à séchage
UV, d'impression numérique sur textiles, CTP, différents
types de papiers et cartons, des plaques et films, des systèmes
d'habillage de véhicules, de stands de foire, de panneaux
publicitaires rotatifs...
Kodak en profita, même, pour présenter, en première
mondiale, la 5260 Inkjet printer, l'imprimante grand format
la plus rapide du monde actuellement qui est capable d'imprimer,
en 600 dpi, une image à une vitesse de vingt-sept mètres
carrés à l'heure et, en 300 dpi, quarante-cinq
mètres carrés à l'heure. La qualité
d'image est voisine de 1200 dpi à la sortie grâce
à l'ajout automatique de pixels en cours d'impression.
En association avec les professionnels
de la formation
Les professionnels de la formation étaient aussi
associés que ce soit l'Institut spécialisé
de technologie appliquée en arts graphiques (I.S.T.A.A.G.)
qui travaille en concertation avec la profession pour la formation
initiale et permanente de cadres ou l'Office de la formation
professionnelle qui regroupe 180 instituts et 6500 personnes
qui préparent à tous les métiers. A noter
que l'Etat verse aux entreprises qui ont des plans de formation,
70% du montant de cette formation.
Au Maroc aussi, le risque est la fuite des cadres. Des Canadiens
ne sont-ils pas venus au Maroc pour tenter d'embaucher la
totalité d'une promotion de 120 infographistes formés
par l'I.S.T.A.A.G, précisa à la délégation
de la SOCPRESSE, M. Mohamed Couki, directeur de l'Office de
formation professionnelle, avec lequel les délégués
s'entretinrent longuement sur les problèmes de formation.
M. Saïd Nejjar qui dirige une importante imprimerie de
Casablanca tout en présidant la fédération
graphique, participait au débat.
Le tirage à distance des journaux
Il fut un temps où certains pays arabes, proches
du Golfe persique, s'inquiétaient de voir se multiplier
des quotidiens extrémistes. C'est ainsi que naquit
" Asharq Al-Awsat " (le Moyen-Orient) un journal
modéré, en arabe, financé par les Saoudiens
et imprimé dans la banlieue de Casablanca.
Ce journal existe toujours, même si les Saoudiens se
sont retirés du capital laissant, notamment, la place,
en 1986, à la SOCHEPRESS ( dont la SOCPRESSE est actionnaire)
et aux N.M.P.P. Dans l'imprimerie que dirige M. Ahmed Zahir,
58 route de Rabah à Ain Sebaa,on imprime quatre quotidiens
mais il n'y a ni rédaction ni pré-presse, les
journaux sont rédigés et mis en page ailleurs.
Les titres imprimés sont " Al-Awsat " (10
à 20000 exemplaires sur 20 pages), " Paris-turf
" (5000 exemplaires sur 18 pages), " le Figaro "
(2500 à 5000 exemplaires sur 44 pages) et " France-soir
".
Les pages préparées à Londres ou à
Paris avec le concours de journalistes et de correspondants
dispersés à travers le monde, arrivent sous
forme de films, soit par satellites ou par numéris
à l'imprimerie. Celle-ci possède deux insoleuses,
deux flasheuses et deux développeuses. Ce ne sont apparemment
pas les développeuses les plus modernes qui fonctionnent
le mieux.
Quant à l'impression, elle s'effectue sur une Goss
Métro-liner (Community) : dix groupes en ligne et une
seule sortie. Il n'est pas possible de faire de la "
quadri " sur le Figaro. Il y a vingt salariés
dans l'imprimerie. Le salaire moyen d'un technicien est de
4000 dirhams (2700 francs français), celui d'un rotativiste
de 7000 dirhams ( 4700 francs français) mais le salaire
moyen au Maroc est d'environ 1800 dirhams (1200 francs français).
Parmi les quotidiens de langue française citons "
Le Matin du Sahara et du Maghreb " le plus fort tirage
des journaux du Maroc avec 100.000 exemplaires (officieusement
le journal officiel) ; " L'Opinion ", journal de
l'Istiqual (de 80 à 100.000 exemplaires) ; " Al
Bayane ", journal du parti socialiste ; " L'Economiste
", tabloïd qui tirerait à 14.000 exemplaires.
Le prix des quotidiens est d'environ 2,5 dirhams (1,70 fr.
fr.)
Il y a également une vingtaine de quotidiens marocains
en arabe dont " El Ahdat el Maghrebia " (L'Evénement
du Maghreb), originaire de Casablanca qui tire à 35.000
exemplaires
Pierre DESBRUYERES
La délégation était composée de
René Fagnoni, secrétaire du comité de
groupe, Christian Adam, Denis Guilleminault, Michel Maouchi,
Jean-Loup Vallon et Pierre Desbruyères.
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