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Cette extension des droits et du contrôle des travailleurs sur leur outil de production s'inscrit dans la lignée de ce que nos anciens ont voulu mettre en place lors de la constitution des premiers comités d'entreprise en 1945. A l'époque, tout a été fait pour qu'ils s'empètrent dans le syndicalisme-ragoût ou les problèmes les plus importants : la production, l'administration, la gymnastique financière, disparaissaient derrière le cours des Halles et la façon d'accommoder le ragoût de mouton. A l'époque, la bourgeoisie a accepté la création des comités d'entreprise au moment où l'économie était complètement déséquilibrée, les marchés incertains, la vie industrielle de plus en plus compliquée. En pleine euphorie économique, le patronat n'eût certainement pas partagé sa capacité de contrôle ; en revanche, en ces temps d'après-guerre, il lui a été un peu moins désagréable de partager des responsabilités écrasantes. Mais, très vite, on a voulu enfermer les secrétaires de CE dans le rôle de gargotiers pour qui les difficultés d'approvisionnement et le coût du repas prenaient rang de question majeure au détriment du renforcement syndical. On les obligea à dispenser des efforts considérables à des travaux sans grandeur, irritants et improductifs aux dépens de problèmes capitaux. Leur capacité d'initiative s'usa littéralement sur la meule de la médiocrité. C'était le souhait du patronat qui faillit se réaliser si nous n'y avions pris garde. Aujourd'hui, certes, nous continuons d'avoir la charge des restaurants d'entreprise dont les directions refusent d'assumer la gestion pour les raisons évidentes que nous venons d'examiner, mais nous sommes parvenus à obtenir un véritable budget du comité d'entreprise qui ne soit plus seulement la mendicité paternaliste faite aux uvres sociales une fois l'an pour l'arbre de Noël.
La charge du restaurant ne représente plus qu'une part limitée de ce budget. Surtout, elle n'absorbe plus toute l'énergie des élus du CE qui peuvent aborder d'autres problèmes essentiels pour le devenir des entreprises.
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