|
Nous devons rendre la place qui revient à
ces justes, des membres du Comité de la Commune aux
prolétaires qui la défendirent de tout leur
cur, face aux flétrissures dont cherchent à
les couvrir les historiens conformistes tremblant de peur
devant l'exemple qu'ils continuent de susciter parmi les générations
suivantes.
Ne serait-ce qu'à ce titre, il nous faut plus songer
aujourd'hui à la Commune triomphante du 18 mars qu'aux
derniers jours du mois de mai 1871, et, comme l'écrivait
Jules Guesde, c'est " dans cet esprit que nous saluons,
et que tous saluent nos aînés, ceux qui ont héroïquement
laissé trente-cinq mille cadavres sur la position qu'ils
n'ont pas été en mesure de conserver, mais qu'ils
avaient prise et que nous saurons, nous, les circonstances
aidant, prendre et conserver ".
Encore aujourd'hui, au-delà des frontières,
le prestige dont jouit la France, mère des révolutions,
terre des libertés, revient pour la plus large part
au combat d'avant-garde de nos vaillants anciens. Sans doute,
nous objectera-t-on : à quoi bon faire resurgir ces
prestigieux héros des siècles écoulés
?
Si l'étude du passé peut utilement éclairer
l'avenir, alors le gouvernement de gauche de ce pays serait
bien inspiré de rompre l'oubli dans lequel semble être
tombé cet anniversaire.
En effet, il faut se souvenir que c'est
la Commune de Paris qui a instauré les premières
formes de contrôle populaire, associant dans l'enthousiasme
l'ensemble du peuple aux prises de décision concernant
le destin de la Nation. Devant le mur des Fédérés,
beaucoup tombèrent pour cet idéal de justice
et de fraternité que nous tentons difficilement de
poursuivre aujourd'hui.
René FAGNONI.
Bulletin du comité d'entreprise de mai 1983.
R.F.
|