La colonne de la place Vendôme est abattue le 16 avril 1871.
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Nous devons rendre la place qui revient à ces justes, des membres du Comité de la Commune aux prolétaires qui la défendirent de tout leur cœur, face aux flétrissures dont cherchent à les couvrir les historiens conformistes tremblant de peur devant l'exemple qu'ils continuent de susciter parmi les générations suivantes.
Ne serait-ce qu'à ce titre, il nous faut plus songer aujourd'hui à la Commune triomphante du 18 mars qu'aux derniers jours du mois de mai 1871, et, comme l'écrivait Jules Guesde, c'est " dans cet esprit que nous saluons, et que tous saluent nos aînés, ceux qui ont héroïquement laissé trente-cinq mille cadavres sur la position qu'ils n'ont pas été en mesure de conserver, mais qu'ils avaient prise et que nous saurons, nous, les circonstances aidant, prendre et conserver ".
Encore aujourd'hui, au-delà des frontières, le prestige dont jouit la France, mère des révolutions, terre des libertés, revient pour la plus large part au combat d'avant-garde de nos vaillants anciens. Sans doute, nous objectera-t-on : à quoi bon faire resurgir ces prestigieux héros des siècles écoulés ?
Si l'étude du passé peut utilement éclairer l'avenir, alors le gouvernement de gauche de ce pays serait bien inspiré de rompre l'oubli dans lequel semble être tombé cet anniversaire.
En effet, il faut se souvenir que c'est la Commune de Paris qui a instauré les premières formes de contrôle populaire, associant dans l'enthousiasme l'ensemble du peuple aux prises de décision concernant le destin de la Nation. Devant le mur des Fédérés, beaucoup tombèrent pour cet idéal de justice et de fraternité que nous tentons difficilement de poursuivre aujourd'hui.

René FAGNONI.

Bulletin du comité d'entreprise de mai 1983.

R.F.