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Nous étions nombreux
ce matin du lundi 25 juillet devant l'imprimerie de Massy
à voir le soleil se lever sur la banlieue sud. La silhouette
géométrique des constructions de cette zone
fortement urbanisée au cours des dernières années
se profilait sur un ciel sans tache et la journée promettait
d'être belle si ce n'était la tension provoquée
par ce qui motivait notre rassemblement aux portes de l'usine.
Nous étions là près d'un millier venus
soutenir les travailleurs de l'imprimerie, contre la reprise
sélective que voulait leur imposer leur patron de combat
Jean Didier, laissant à la porte les élus CGT
du Livre de façon à liquider le syndicat dans
cette entreprise en lutte depuis six semaines.
Très vite le calme de cette aurore de juillet s'est
mué en fracas provoqué par le choc de l'affrontement
de deux blocs qui se faisaient face. D'un côté,
le barrage des nervis embauchés par la direction, de
l'autre la poussée irrésistible des travailleurs
de la profession qui ont eu vite fait de disperser les malfrats
qui avaient pris position dans l'usine avec leur matériel
de combat.
Rapidement, nous avons senti l'importance de l'enjeu devant
cette situation qui, pour n'être pas nouvelle, n'en
était pas moins scandaleuse : les travailleurs chassés
de leur usine édifiée au fil des années
grâce à leur travail par un " patron de
choc " qui, non seulement, ne s'était pas donné
la peine de débourser un centime pour reprendre l'entreprise,
mais de surcroît avait largement bénéficié
des subventions de l'Etat pour plus de 70 millions de francs
au moment même où il licenciait 380 salariés
dans un premier temps. Maintenant, quelques mois après
avoir empoché le pactole représenté par
la subvention publique, s'appuyant sur un fallacieux prétexte,
le voilà qui menace de fermer totalement le site de
Massy.
Si le terme d'arbitraire patronal n'avait pas trouvé
jusque-là son entière signification, voilà
qui est fait au-delà de ce qu'il est possible d'imaginer,
de façon grinçante et caricaturale.
R.F.
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