25/07/1988 - Affrontements entre vigiles armés et membres de la CGT à l'imprimerie Jean Didier de Massy.

Pierre Schwartz/SIPA PRESS.
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Ce qui s'est passé ce lundi matin de juillet à Massy et l'éclatante victoire des travailleurs qui en a résulté ont été l'aboutissement des actions lancées par la FILPAC - Ile-de-France depuis plusieurs semaines dans cette affaire du lock-out de l'imprimerie Didier. Nous avons montré la détermination et la vitalité de notre organisation syndicale à ceux qui pouvaient encore en douter.
Le premier temps a été le happenning de Mary-sur-Marne où ce qui aurait dû être la pose inaugurale de la première pierre de la nouvelle usine de Mary s'est transformé en piteuse déconfiture pour Jean Didier et les notables du canton qui n'ont même pas eu la compensation dînatoire espérée. Ces diables de gars du Livre étaient aussi présents au " Château Marysien " où devait se tenir le repas de gala. Imaginez un peu la tête des invités : la première pierre, passe encore ! mais l'annulation du souper fin dans ce cadre prestigieux, quelle déconvenue ! Cela aurait dû contribuer à alimenter la réflexion de tous ces " braves gens ". Rien n'y a fait. Ce qui est caractéristique dans ce genre de situation, c'est l'aveuglement de la direction à comprendre qu'il se passe quelque chose d'important et qu'une dynamique est engagée dont ils refusent de tenir compte. Une bien piètre équipe de conseillers entourait Didier dans cette affaire.
Prémonitoire aussi la première tentative d'explication à l'imprimerie de Lizy-sur-Ourcq où déjà nous avions été reçus par des " vigiles " à coups de matraque et de gaz lacrymogènes. Au moins, cela avait-il le mérite d'annoncer la couleur et de montrer sous quelle forme on entendait entamer le dialogue.
Du côté des pouvoirs publics, c'était la politique de l'autruche où malgré la violation répétée des droits les plus élémentaires, malgré les condamnations répétées des tribunaux, Rambo Didier, sans aucune astreinte, poursuivait son bonhomme de chemin comme si de rien n'était. Il aura fallu l'occupation du ministère des Finances pour que, à ce niveau, s'amorce une esquisse de dialogue, sans grand résultat d'ailleurs.
Chez les éditeurs, c'était la même petite musique de ceux qui ne sont pas concernés par ce conflit, pourtant majeur pour l'ensemble de la profession. Malgré notre attachement à tout ce qui touche à l'imprimé et notre réticence à détruire des tirages, il aura fallu que des milliers d'exemplaires sur papier glacé soient réduits en confettis pour que l'émotion se fasse jour dans ce milieu dont on sait bien que l'un des rêves anciens est de pouvoir confectionner ses publications sans journalistes ni ouvriers du Livre. Une vieille lune qui refait surface périodiquement.

R.F.