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Ce qui s'est passé ce lundi matin
de juillet à Massy et l'éclatante victoire des
travailleurs qui en a résulté ont été
l'aboutissement des actions lancées par la FILPAC -
Ile-de-France depuis plusieurs semaines dans cette affaire
du lock-out de l'imprimerie Didier. Nous avons montré
la détermination et la vitalité de notre organisation
syndicale à ceux qui pouvaient encore en douter.
Le premier temps a été le happenning de Mary-sur-Marne
où ce qui aurait dû être la pose inaugurale
de la première pierre de la nouvelle usine de Mary
s'est transformé en piteuse déconfiture pour
Jean Didier et les notables du canton qui n'ont même
pas eu la compensation dînatoire espérée.
Ces diables de gars du Livre étaient aussi présents
au " Château Marysien " où devait se
tenir le repas de gala. Imaginez un peu la tête des
invités : la première pierre, passe encore !
mais l'annulation du souper fin dans ce cadre prestigieux,
quelle déconvenue ! Cela aurait dû contribuer
à alimenter la réflexion de tous ces "
braves gens ". Rien n'y a fait. Ce qui est caractéristique
dans ce genre de situation, c'est l'aveuglement de la direction
à comprendre qu'il se passe quelque chose d'important
et qu'une dynamique est engagée dont ils refusent de
tenir compte. Une bien piètre équipe de conseillers
entourait Didier dans cette affaire.
Prémonitoire aussi la première tentative d'explication
à l'imprimerie de Lizy-sur-Ourcq où déjà
nous avions été reçus par des "
vigiles " à coups de matraque et de gaz lacrymogènes.
Au moins, cela avait-il le mérite d'annoncer la couleur
et de montrer sous quelle forme on entendait entamer le dialogue.
Du côté des pouvoirs publics, c'était
la politique de l'autruche où malgré la violation
répétée des droits les plus élémentaires,
malgré les condamnations répétées
des tribunaux, Rambo Didier, sans aucune astreinte, poursuivait
son bonhomme de chemin comme si de rien n'était. Il
aura fallu l'occupation du ministère des Finances pour
que, à ce niveau, s'amorce une esquisse de dialogue,
sans grand résultat d'ailleurs.
Chez les éditeurs, c'était la même petite
musique de ceux qui ne sont pas concernés par ce conflit,
pourtant majeur pour l'ensemble de la profession. Malgré
notre attachement à tout ce qui touche à l'imprimé
et notre réticence à détruire des tirages,
il aura fallu que des milliers d'exemplaires sur papier glacé
soient réduits en confettis pour que l'émotion
se fasse jour dans ce milieu dont on sait bien que l'un des
rêves anciens est de pouvoir confectionner ses publications
sans journalistes ni ouvriers du Livre. Une vieille lune qui
refait surface périodiquement.
R.F.
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