21/07/1988 -
MASSY (Essonne) - Des employés de l'imprimerie de Massy Jean Didier discutent avant leur assemblée générale, le 21/07, à propos du conflit social et du lock-out qui paralysent l'imprimerie depuis plus d'un mois.

AFP Pierre Verdy/dlb
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Quelques jours après les heurts de Massy, il y a eu le rassemblement de Lille où nous étions venus en groupes serrés rencontrer nos camarades du Nord. Déjà, un courant d'optimisme parcourait les rangs, nous pressentions le succès à notre portée que les faits sont venus confirmer sitôt après. Ce meeting a été important parce qu'il nous a permis d'établir le contact avec nos camarades d'une autre région. Puis, il y a eu tout ce que l'on a ressenti aux portes de l'usine.
Des travailleurs de l'imprimerie accompagnés de leurs responsables fédéraux participaient à cette assemblée, mais à l'heure de la relève des équipes, il y avait aussi les autres qui entraient et sortaient des ateliers, marquant un temps d'arrêt. Sans doute, parmi eux, bon nombre de non-syndiqués qui se seraient bien arrêtés pour se joindre à nous. Mais à leur attitude et à leur air un peu résigné, on devinait les conditions de travail trop dures et la crainte des petits chefs, ces chiens de garde de la direction qui avaient dû donner des consignes précises.
Au lendemain de notre grand succès, soyons persuadés qu'une bouffée d'espoir a dû les soulever, eux aussi comme tous les camarades de province souvent en première ligne et qui ont entrevu à cette occasion la possibilité d'améliorer leurs conditions de travail devenues souvent par trop difficiles et précaires.
Lille, c'était seulement quelques jours avant le lundi 1er août à Massy où nous avons pu donner libre cours à notre joie devant les portes de l'imprimerie, grandes ouvertes cette fois.
Un beau mois de juillet je vous l'assure, un peu chaud certes, mais combien rempli d'espoir.

R.F.