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Quelques jours après les heurts de
Massy, il y a eu le rassemblement de Lille où nous
étions venus en groupes serrés rencontrer nos
camarades du Nord. Déjà, un courant d'optimisme
parcourait les rangs, nous pressentions le succès à
notre portée que les faits sont venus confirmer sitôt
après. Ce meeting a été important parce
qu'il nous a permis d'établir le contact avec nos camarades
d'une autre région. Puis, il y a eu tout ce que l'on
a ressenti aux portes de l'usine.
Des travailleurs de l'imprimerie accompagnés de leurs
responsables fédéraux participaient à
cette assemblée, mais à l'heure de la relève
des équipes, il y avait aussi les autres qui entraient
et sortaient des ateliers, marquant un temps d'arrêt.
Sans doute, parmi eux, bon nombre de non-syndiqués
qui se seraient bien arrêtés pour se joindre
à nous. Mais à leur attitude et à leur
air un peu résigné, on devinait les conditions
de travail trop dures et la crainte des petits chefs, ces
chiens de garde de la direction qui avaient dû donner
des consignes précises.
Au lendemain de notre grand succès, soyons persuadés
qu'une bouffée d'espoir a dû les soulever, eux
aussi comme tous les camarades de province souvent en première
ligne et qui ont entrevu à cette occasion la possibilité
d'améliorer leurs conditions de travail devenues souvent
par trop difficiles et précaires.
Lille, c'était seulement quelques jours avant le lundi
1er août à Massy où nous avons pu donner
libre cours à notre joie devant les portes de l'imprimerie,
grandes ouvertes cette fois.
Un beau mois de juillet je vous
l'assure, un peu chaud certes, mais combien rempli d'espoir.
R.F.
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