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Au-delà des méthodes utilisées
par le patronat dans l'affaire Didier, il faut bien faire
référence au grand projet de la période
: la construction de l'Europe de 1992.
En effet, si, comme nous pouvons le penser, nous avons assisté
là à une opération visant à déstabiliser
l'organisation représentative des travailleurs dans
l'entreprise pour mieux pouvoir appliquer la déréglementation,
le viol des conventions collectives et l'aggravation des conditions
de travail, il y a tout lieu d'être préoccupé
par le grand dessein communautaire.
Dans notre pays, les droits sociaux constituent un acquis
arraché de haute lutte par les travailleurs depuis
des décennies. Il n'est pas envisageable de se laisser
dépouiller, ne serait-ce que d'une fraction de cet
acquis, au nom d'on ne sait trop quel concept fumeux européen
et de la nécessaire compétitivité. Or,
si les discussions sur l'édification de l'Europe économique
vont bon train, à l'opposé, rien n'est dit ou
presque sur le volet social dont la mise au point d'un modèle
européen reste à préciser.
Comme nous connaissons bien la tentation des dirigeants lorsqu'ils
parlent d'harmonisation à réaliser celle-ci
par le bas, il faut concevoir que notre inquiétude
est fondée. Nous sommes prêts à faire
partager à nos voisins de la Communauté les
éléments les plus positifs de notre environnement
social parmi les plus avancés des pays qui nous entourent,
à condition que cela se fasse dans de bonnes conditions.
Tout compte fait, c'est la meilleure chance que nous ayons
d'en sortir et de résister à la concurrence
extérieure. Les autres solutions négatives ne
pourraient que provoquer l'explosion de conflits comme celui
de Massy par centaines à travers le pays.
R.F.
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