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Tous nos esprits bien pensants ne se sont-ils
jamais interrogés sur la situation dans laquelle nous
avons laissé leur pays aux Algériens ? Ils feignent
d'ignorer sans doute que nos " opérations de police
ou du maintien de l'ordre " ont creusé une saignée
de 1.500.000 morts dans une population musulmane de neuf millions
d'habitants. Et par-dessus tout ça, le vandalisme et
la sauvagerie de l'O.A.S. mettant un point final à
cent années de présence française qui
laissent ce pays saigné à blanc dans un état
d'analphabétisation quasi générale.
Pour demeurer objectif, il faut cependant distinguer dans
le lourd passif de ce bilan, l'action généreuse
de cette minorité de Français qui, dans l'indifférence
générale de leurs compatriotes, ont su venir
en aide au peuple algérien au moment de la colonisation
ou lors de sa lutte révolutionnaire. De ceux-là,
on ne parle plus guère aujourd'hui, mais pourtant on
leur doit l'existence des rapports qui unissent l'Algérie
indépendante à notre pays.
Il n'empêche que c'est un pays totalement démantelé
qui accède à son indépendance en 1962.
La majeure partie de ses cadres valeureux sont tombés
durant les longues années de guerre et l'O.A.S. a pillé
et détruit les installations techniques et administratives
avant de s'enfuir. Malgré cet holocauste, sans une
plainte, le peuple algérien se met aussitôt à
la tâche en vue de réaliser son unité
en édifiant son avenir qu'il veut socialiste. Que l'on
ne vienne pas s'étonner aujourd'hui de la lenteur du
processus car pour celui qui est conscient de l'étendue
des difficultés à surmonter, dans le contexte
actuel, c'est un effort colossal que de mettre sur pied une
économie valable au service du plus grand nombre.
R.F.
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