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Il est plutôt réconfortant de songer, qu'à bien réfléchir et à choisir, une majorité de nos concitoyens préfèrent encore s'adonner au plaisir de la lecture, évocateur de bien des choses, et mettre leurs cinq sens en éveil au fil des pages plutôt que de sacrifier à la mode de la souris.
- Qu'est-ce qui pourrait remplacer le regard porté sur la typographie d'une page bien ordonnancée avec des caractères judicieusement choisis pour s'accorder au texte et à la pensée de l'auteur, qu'il s'agisse d'une simple feuille de journal ou bien encore d'un livre d'art ?
- Et le toucher sensuel de la feuille de papier d'un bel imprimé, où le doigt exercé fera rapidement la différence entre les mille et une sortes de ces petits papiers qui ont inspiré à Régine ne une chanson composée sur ce thème.
- Et l'odeur qui se dégage du papier imprimé inséparable des livres de classe de notre enfance, qui suffit à faire remonter à la surface bien des souvenirs que l'on croyait enfouis, réminiscences associées à la rentrée des classes, bien différentes de celles du papier glacé des revues de luxe qui évoquent, elles, d'autres sensations propres à chacun.
- Et l'ouïe, elle aussi, se trouve flattée, amusée, suivant que l'on feuillette un livre ou un magazine ne. Là aussi, quelle diversité dans les ouvrages et les pages que l'on tourne à loisir. Ou encore ce froissement bien particulier du journal que l'on déplie devant soi, qui va déclencher cette soif de connaître, d'apprendre les dernières nouvelles. J'en connais même qui, à ce seul bruit, sont capables de vous ravir votre quotidien tellement est impérieuse parfois cette nécessité de connaître, de déchiffrer, de s'imprégner de l'information sans plus tarder.
- Et le petit noir du matin aurait?il le même goût sans le journal que l'on déploie, tel un étendard, dans ce geste éloquent, associé au signal d'une nouvelle journée qui commence ?
R.F.
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