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Des bancs de l'Ecole Estienne aux cimaises des galeries nationales : J.-F. Arrigoni Neri

Au sortir de l'Ecole Estienne, avec Jean-François Arrigoni Neri, nous nous sommes quittés sur le quai du métro Porte-d'Italie. Destination : la vie. Les années suivantes, la guerre d'Algérie, qui marqua profondément notre génération, nous propulsa bien loin de notre banlieue sud de Paris et de l'exercice de nos métiers du livre.

Mais la vie, qui n'est pas si mal faite que cela, nous a permis de nous retrouver bien plus tard, au détour d'une galerie d'exposition. Imaginez un peu la joie de ces retrouvailles et cette émotion avec l'afflux des souvenirs accumulés en commun durant les années cinquante. C'est en effet au cours de cette difficile période d'après-guerre que nous nous sommes rencontrés sur les bancs de l'Ecole Estienne où nous avions pas mal de choses et de sensibilités à mettre en commun. Par-dessus tout, la consonance transalpine de nos patronymes où, fils de " ritals " l'un et l'autre, nous étions décidément faits pour nous entendre. Miracle de l'intégration à la française.

Au terme du circulus, première séparation où Arrigoni se retrouve en section A comme atelier d'art, section gravure en relief, et moi en C comme clicheur. La suite des événements confirma cette orientation que la vie allait se charger de transcender. Pour l'un, les ateliers de gravure, puis de peinture ; pour l'autre, ceux de la presse parisienne. Au terme de cette longue séparation, l'important était bien de se retrouver. Environ trente ans s'étaient écoulés ; le temps des premiers bilans et surtout pour moi de découvrir la peinture de mon camarade des jeunes années d'enthousiasme. Surprise, étonnement admiratif devant l'évolution de son expression artistique.