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S'il est devenu l'un des premiers dessinateurs
de sport dans le monde, ainsi que l'un des grands peintres
de la musique, Jean-François Arrigoni Neri s'est gardé
de borner là son activité. Si ses portraits
de musiciens enchantent les mélomanes, ses illustrations
publicitaires sont, elles aussi, des chefs-d'uvre de
composition et d'exécution.
Quels que soient leurs thèmes, ses uvres ont
deux caractéristiques essentielles : le détail
et le mouvement. La plupart présentent une accumulation
de détails familiers, fragments d'une ambiance ou d'une
réalité minutieusement rendue. Si la démarche
initiale est bien celle de l'hyperréalisme, sa peinture
possède de surcroît une vitalité et une
tendresse, bref, une humanité qui lui sont propres
et la distinguent des écoles et des modes d'hier comme
de celles d'aujourd'hui.
Et puis chez lui, l'expression de la vérité
est toujours assortie de cet humour omniprésent, qui,
dans la plupart de ses tableaux, est comme une seconde signature.
Cet humour qui s'exprime en d'insolites apparitions comme
la silhouette du peintre qui traverse un second plan, tel
qu'Alfred Hitchcock le faisait dans ses films. Son sens de
l'action confère à ses toiles un dynamisme qui
emporte la conviction en même temps que l'enthousiasme.
Ces tableaux-là, spontanément, on a envie de
les applaudir. Comme l'Américain Norman Rockwell, qu'il
admire, il s'aide de la photographie en utilisant l'appareil
au 1/250 comme il le ferait d'un carnet de croquis.
A partir de l'épreuve, le peintre
compose son uvre, ajoute, retranche, modifie, enrichit,
colorie, afin d'obtenir plus d'harmonie, d'équilibre
et plus de force dans l'expression d'un moment d'intensité.
Jusqu'à ses natures mortes sur toile ou sur panneau
de bois qui n'ont rien à envier aux grands peintres
flamands par l'atmosphère raffinée qui s'en
dégage dans la composition et la lumière.
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