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Deux campagnes publicitaires marquantes ont
retenu l'attention du public et des professionnels. Ce sont
celles de la Société Générale
en 1967-68, et d'Air Wick quelques années plus tard.
Il est intéressant de s'attarder un peu sur l'originalité
de la campagne de la Société Générale,
commandée par l'agence Havas qui, en faisant appel
à Michel Guire Vaka, révolutionne à sa
façon la communication grand public des banques, d'ordinaire
vouée au conformisme et au sérieux, et permet
d'ouvrir toutes grandes les portes à d'autres agences
pour sortir des sentiers battus.
Pour cette campagne, le personnage dessiné par l'artiste
est aussi peu discret qu'il est disgracieux. Dans son dessin,
l'inévitable beauté féminine à
laquelle nous a habitués la publicité a complètement
disparu : tête disproportionnée par rapport au
corps, yeux en boutons de bottines. Choquer, déplaire,
qu'importe ! L'essentiel est qu'on voie, le premier critère
d'une annonce étant de ne pas passer inaperçue.
Les créateurs sont ainsi condamnés, comme les
sportifs et les acrobates, à faire toujours plus fort,
à étonner un public qui en a déjà
vu de toutes les couleurs, et cela bien évidemment
sans tomber ni déraper si peu que ce soit. C'est précisément
là qu'intervient tout le talent de l'artiste.
Alors, quand toutes les femmes sont belles, quand tous les
hommes réussissent, quand on a déshabillé
tout le monde, il faut trouver autre chose. Cela peut être
le laid. En France, le laid-qui-plaît est encore peu
employé mais on voit de plus en plus la publicité
choisir ses vedettes dans la rue et refuser d'embellir le
quotidien.
Après le beau, le nu, ou l'excès de banalité,
l'humour. C'est dans cette voie que le créateur du
bonhomme à grosse tête de la Société
Générale s'est engagé. Finalement, ce
qui étonne le plus, c'est qu'une campagne de ce style
ait été lancée par une banque, image
de la discrétion et de la bonne éducation. Pour
l'artiste, cette irruption anachronique dans le monde policé
de la pub a laissé des traces dans l'inconscient collectif
et lui a permis d'atteindre la reconnaissance du grand public.
Il devait récidiver au début des années
soixante-dix lors d'une autre campagne, pour Air Wick cette
fois, avec la création grotesque et comique des "
monstres odeurs " représentés d'une manière
nette afin de leur donner un aspect destructible. Encore une
fois, Guire Vaka dépasse largement l'aspect anecdotique
du plan média classique dont il se distingue par sa
forte originalité qui rencontre un vif succès,
en particulier chez les jeunes, en le démarquant de
ses concurrents.
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