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Viennent les années de maturité
où tout se décante pour laisser place à
l'essentiel. Commence alors une nouvelle étape, où
Michel navigue au large, loin des aspérités
de la côte, pour se consacrer à la peinture,
la forme la plus aboutie de son art, dont c'est le prolongement
naturel. Pas de rupture radicale avec le passé, l'illustrateur
se reconnaît à travers le peintre. Toujours cette
capacité à ramasser dans une image l'essentiel
du message, mieux et plus complètement qu'à
travers un texte de plusieurs pages. Retombées de nos
jeunes années passées à Estienne, où
l'apprentissage de l'esprit de synthèse et de méthode
se retrouve chez l'artiste devenu adulte. Sorte d'empreinte
qui nous permet de nous reconnaître et de nous retrouver
mieux que ne le ferait n'importe quelle photo de classe. C'est
aussi cela, la marque des Estienne : ce signe indélébile
laissé sur des générations de jeunes
peut-être un peu plus sensibles que la moyenne pour
avoir choisi les arts graphiques. Tous n'en sont pas sortis
indemnes, mais des dizaines d'années plus tard, c'est
à chaque fois le même plaisir de se rejoindre.
En effet, nous savons bien qu'au fond, malgré le temps
écoulé, nous cultivons en commun pas mal de
choses qui nous relient les uns aux autres, dont ce goût
du travail bien fait.
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